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Que faire ? Comment faire ? - Retours d'expérience.

Rédigé le Jeudi 9 Juin 2016 à 14:21 | Lu 2524 fois

Inventaire des retours d'expérience sur les programmes et dispositifs d'ouverture aux étudiant.e.s et apprenant.e.s exilé.e.s dans les établissements supérieurs.


Ce document a été conçu afin de soutenir les personnes engagées pour l’accès à l’apprentissage du français, aux études supérieures et à la formation professionnelle des exilé.e.s.


Ce document a été conçu afin de soutenir les personnes engagées pour l’accès à l’apprentissage du français, aux études supérieures et à la formation professionnelle des exilé.e.s. Il existe autant de «programmes » et de positions que de lieux : nous n’entendons pas ici être exhaustifs, mais recenser les diverses actions qui ont été menées dans les universités et écoles depuis septembre 2015.

Septembre 2015, en effet, c’est le moment d’une mobilisation de la société civile en faveur d’un accueil des personnes en exil, notamment portée par des étudiant.e.s et des professeur.e.s, au sein des établissements de l’enseignement supérieur. Certain.e.s luttaient depuis longtemps déjà pour les droits des « étrangers », d’autres - dont beaucoup font désormais parti.e.s du RESOME - découvrent durant l’été 2015 les camps de rue et les squats urbains, où survivent des demandeurs et demandeuses d’asile, des réfugié.e.s, des débouté.e.s et des sans-papiers. Là, nous avons constaté l’ampleur d’un certain abandon de l’Etat français, dont la politique migratoire, hantée par la peur de « l’appel d’air », relève plus du repoussoir que de l’accueil. On sait aussi maintenant que derrière le discours sur les Droits de l’Homme, l’Europe se construit davantage dans les rapports sur la valorisation du « capital humain »i ou les « opérations d’endiguement » destinées à « protéger les riches du monde contre les tensions et les problèmes des pauvres » et dans les accords bilatéraux comme celui passé entre l’UE et la Turquie. Alors que l’apprentissage du français devrait être un droit inconditionnel, permettant l’inclusion et « l’entrée en citoyenneté », il est aujourd’hui devenu, très largement, un « outil de contrôle et d’exclusion ».


La question, pour beaucoup d’entre nous, se fait alors lancinante : « Que faire ? Comment faire ? »

L’évidence, depuis des mois, c’est qu’à travers les politiques migratoires se découvre une certaine vérité de nos sociétés, que nous sommes nombreuses/x à refuser: celle de l’exclusion. La question, pour beaucoup d’entre nous, se fait alors lancinante : « Que faire ? Comment faire ? »

Dans ce contexte général marqué par la suspicion, l’inquiétude et parfois l’indifférence, nous partageons ce même constat: les cours de français, le partage de la langue, de la culture, sont les déclencheurs d’une autre forme de lien avec ceux et celles, qui, traversant la Méditerranée, cherchent refuge en France. L’un de nos premiers objectifs, donc, c’est d’abord celui de créer des amitiés, des rencontres, des forces collectives, et de répondre ensemble à l’exigence de l’hospitalité.

Pour le RESOME, là n’est pas un défi lancé à la charité individuelle et au volontarisme.

Depuis le départ, les membres du RESOME oeuvrent pour la reconnaissance de la qualité d’étudiant et d’apprenant des personnes en exil, plutôt qu’à leur identification sur les critères arbitraires que sont les statuts juridiques. Simplement parce qu’en tant qu’être humain, on a tous et toutes le désir de connaître et de se nouer durablement aux personnes avec qui nous partageons le même territoire. Pour le RESOME, là n’est pas un défi lancé à la charité individuelle et au volontarisme. “Nous affirmons que c’est au contraire parce que la société du pays d’accueil reconnaît les personnes en route sur leur chemin d’intégration que ces personnes, entre autres les demandeurs d’asile et les réfugiés, apprennent et s’intègrent”. La charge revient aux institutions, et notamment aux institutions éducatives (écoles, universités, bibliothèques, lieux de formations) de produire les conditions de l’inclusion des personnes – c’est-à-dire, de leur reconnaissance et du développement de leurs projets à égalité avec les « nationaux ». C’est pourquoi, avec détermination, nous créons et favorisons les programmes, associations et initiatives dans les institutions de l’enseignement supérieur.


Notre mot d’ordre, « créer des relations égalitaires »

Notre mot d’ordre, « créer des relations égalitaires », peut paraître illusoire quand la relation entre exilé.e.s et nationaux/ales est d’emblée marquée par son caractère asymétrique: inégalité de la sécurité administrative, des conditions matérielles, des ressources psychologiques; inégalité de la langue, de la compréhension des codes culturels, de l’accès aux services ; inégalité aussi des projets, des possibles et des chances. Or, quand l’autre devient apprenant ou étudiant, quand la solidarité se structure autour de la volonté d’apprendre et de comprendre, et que cette volonté est mutuelle, alors peut se construire, par delà les frontières, une forme d’égalité.

L’objectif est donc le suivant : l'égalité par l'apprentissage et la production commune, la défense des droits des exilé.e.s, notamment celui de reprendre ses études, et la création de liens.

L’objectif est donc le suivant : l'égalité par l'apprentissage et la production commune, la défense des droits des exilé.e.s, notamment celui de reprendre ses études, et la création de liens. Loin d’être des expressions creuses, il s’agit de mettre en place des dispositifs de rencontre et d’expression commune, au delà même des cours de français, qui demeurent, pour l’instant, le coeur de l’action. Pour y arriver, nous pensons qu’il nous faut partir du lieu que l’on habite, de l’école que l’on fréquente, pour modifier, depuis l’intérieur de l’institution, les règles de l’accueil. Des dizaines d’initiatives mises en place pour créer ces solidarités actives et appliquer ces principes, nous avons tiré ce document. Nous espérons qu’il pourra aider à entrevoir les possibilités d’action concrète.

Des dizaines d’initiatives mises en place pour créer ces solidarités actives et appliquer ces principes, nous avons tiré ce document

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